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Bénéfices physiques, psychiques et spirituels
Comme on a pu le
constater, le travail musculaire en danse orientale est varié et subtil.
Même si les femmes n’y ont
plus vraiment recours pour préparer leur accouchement, les exercices présentent un
intérêt dans la rééducation post-partum de la sangle abdominale.
Au delà de ce cas
particulier, la mode
Fitness américaine a permis de dépasser le premier regard porté sur la
danse orientale, à savoir celui du
Hoochie-Coochie,
reliquat des
expositions universelles du
XIXe siècle. Deux articles récents du magazine Times relatent le
phénomène d’un engouement
croissant des américains pour la danse orientale.
Orecklin M “ Shakin' all over. Belly dancing has its roots in the
ancient world, but its merits are being discovered by modern women. ”
Time. 2002 Oct 28;160(18):56-7. Et C. Carr “ Belly-Dance Boom ”, Time
Apr. 04, 2005.
De nombreux adeptes
des deux sexes la pratiquent pour renforcer leurs abdominaux de manière ludique.
Cet notion de
plaisir dans l’effort semble symptomatique du courant hédoniste
caractéristique de notre société.
Le cours de danse orientale est l’objet d’exercices techniques mais
aussi d’un accès direct à la
danse comme exutoire. L’ascétisme et la recherche du beau formel de la
danse classique est
délaissé au profit d’un espace de créativité, de diversité immédiatement accessible.
Ce panel de
possibilités, depuis l’exercice physique simple à la recherche
artistique, rend particulièrement
intéressant la pratique de la danse orientale.
Cependant, même si
nous avons précisé dès le départ que cette danse pouvait se pratiquer quel que soit le
physique de la personne, nous constatons que de plus en plus de
danseuses veulent être
conformes aux canons de beauté par le recours à la chirurgie esthétique.
L’ambiguïté
persiste dans les pays orientaux. Par le biais de la mondialisation des communications, les
pays orientaux accèdent aux images diffusant les critères esthétiques occidentaux,
notamment par les clips vidéo. Les danseuses des anciennes générations
essaient de garder une place
convoitée par des plus jeunes par le biais des liftings et plasties mammaires. Cet
attrait pour la plastique parfaite vient, à mon sens, gâcher l’intérêt
de cette danse quant à la
possibilité de se mouvoir de manière élégante, quelles que soient les
imperfections corporelles.
Ce jeu de la femme
physiquement parfaite et attirante entre en consonnance avec la culture méditerranéenne,
axée sur l’apparence et l’extraversion. Dans certains pays orientaux,
cette image de femme
objet, disponible au désir de l’homme, entre en conflit avec une
certaine radicalisation de
l’Islam, qui porterait à cacher tous les attributs féminins.
Le rapport des pays
orientaux à la femme est certainement beaucoup plus complexe et mouvant que ce que nous
pouvons imaginer de notre point de vue occidental. Néanmoins, l’image de
la danse n’est pas
valorisée dans ce contexte, bien qu’il existe de nombreux festivals
(Notamment
le festival «
Ahlan wa sahlan » organisé chaque année au Caire par la célèbre Raqia
Hassan) favorisant
le brassage
culturel autour de cette danse. C’est pourquoi je suis amenée à penser
que la danse orientale
aura un avenir plus libre en Occident qu’en Orient, mais ceci reste
contestable.
L’uniformisation
n’est heureusement pas totale. Exhiber un ventre charnu ou avec des vergetures n’est
pas passible de mauvais goût si l’émotion artistique est partagée. Même si les
critères esthétiques des danseuses sont parfois plus stricts,
comme peuvent en
témoigner certains
clips vidéo (cf clips sur la chaîne musicale MTV) où la femme est mise
en avant comme un
objet de désir, la culture artistique est suffisamment vaste pour
développer en parallèle des
espaces où l’esthétique n’est pas que plastique. Nous rappelons que le
mot
esthétique
dérive du grec
aïstétikos,
qui entre dans le
domaine de la sensation, et donc de l’émotion éprouvée
à la vue d’une oeuvre. Emotion qui ne relève pas seulement du désir mais aussi d’un plaisir
des sens ou d’un plaisir plus intellectuel.
La performance
technique n’est pas le critère principal d’appréciation de la danse.
Ainsi, Ketty, une danseuse
française installée au Caire rappelle qu’il faut “du coeur et de
l’énergie. Ici, ce n’est pas forcément
la meilleure technicienne qui a du succès, c’est celle qui parvient à
entrer en communion avec le
public. La danse orientale n’a pas de règle. Elle est très libre. Elle fait
appel à l’imaginaire et à
l’échange, évoque des souvenirs. ”
Les bénéfices
physiques et psychiques peuvent être variés. A ce sujet, une étude
brésilienne
Abrao AC, Pedrao LJ. “ The contribution of belly dance to body
education, physical and mental health of women
who go to the gym or dance. ” - Rev Lat Am Enfermagem.
2005 Mar-Apr;13(2):243-8.
2005 Jun 10.
réalisée à Sao
Paulo auprès de 12 femmes âgées de 16 à 40 ans pratiquant la danse
orientale depuis plus de
trois mois, a montré que la pratique de la danse comportait un bénéfice
physique (baisse de la
tension artérielle et du rythme respiratoire, améliore le digestion,
diminue les syndromes
prémenstruels, modèle le corps et assouplit les muscles). De manière
empirique, les professeurs de
danse ont même constaté que les femmes pratiquant la danse tombaient
moins malades. Mais
savoir si la danse orientale possède une action sur le système
immunitaire devra relever d’une autre
étude.
Cette étude a
permis de relever aussi des bénéfices psychique (moins de timidité,
meilleure estime de soi,
stimulation de la créativité, féminité et sensualité accrue, moins de
tension musculaire,
relaxation).
Nous soulignions en
introduction la réconciliation actuelle du corps et de l’esprit.
L’épanouissement
personnel passe par la santé physique, selon le célèbre adage “ Mens
sana in corpore sano ”
(un esprit sain dans un corps sain). Certes, cela relève du sport en
général.
Cependant, dans un
article du journal Le Monde30
Entretien avec
Pierre Benghozi, Le Monde du
11 décembre 1993.,
P. Benghozi remarque le rôle fascinant de la répétition des
mouvements, de l’improvisation propre au style et à la créativité de
chacune dans la danse orientale.
Il souligne que “ cette danse privilégie la femme sans être pour autant
contre l’homme. C’est rare
de trouver un espace où la présence de l’homme est aussi sensible… Ce n’est pas le lieu
de l’exclusion du masculin mais le lieu de ressourcement du féminin ”.
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