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INTRODUCTION
Pourquoi un sujet
sur la danse orientale pour le diplôme universitaire "Le corps et son
image" ?
A première vue
insolite, ce mémoire reprend les différents thèmes consacrés au corps
que nous avons développés
jusqu'à présent au sein de ce DU.
Le corps sur le
plan anthropologique, culturel et artistique, le corps en mouvement, le
corps féminin,
anatomie...ces différentes approches nous interrogent sur la place de la
danse orientale dans la
perception du corps en ce début de XXIe siècle.
Sous l'apparence
d'un divertissement, l'occident montre depuis la fin du XXe siècle un
nouvel engouement pour les
danses "exotiques" rythmées, en particulier pour la danse orientale.
Longtemps maîtrisé
par les canons de la danse classique, il semblerait que le corps éprouve
le désir d'exulter, de
tressauter au rythme des percussions et de la mélodie. Les succès autant éphémères que
populaires des "tubes de l'été" soulignent si besoin est l'envie de se
débarrasser d'un carcan
maîtrisé tout au long de l'année. La danse, à première vue lascive et
suggestive reste festive, dans
l’esprit bon enfant de ceux qui ont envie de "s'éclater".
Le corps véhicule
des émotions, et par ce biais, nous assistons à la réconciliation du
corps et de l'esprit, après
bientôt cinq siècles de cartésianisme ! Dansable par tous, quelles que
soient les rondeurs et les
rides, la danse orientale souligne les changements dans les rapports que
notre société entretient
au corps.
La conception
dualiste n'est cependant pas encore complètement évincée. L'esprit reste
parfois maître du corps par
la volonté d'endurer certaines souffrances "pour être belle"... ou pour
être beau puisqu' un
corps souple et galbé préoccupe dorénavant aussi ces messieurs. Le corps moderne se veut en
effet plus libre, plus sensuel mais aussi retravaillé parfois à
l'extrême pour se sentir plus
"habité", plus conforme aux critères sociaux.
L'esprit de la
danse orientale est tout autre, même si elle n'échappe pas au phénomène
et au besoin, maintenant
devenu effet de mode, de s'épanouir. "Bien dans son corps, bien dans sa tête" devient une
litanie en ce début de XXe siècle. Sur des musiques à la fois
fascinantes et rythmées, les
mouvements d'ondulation et de dissociation musculaire font subtilement
prendre conscience des
différentes parties du corps, sans avoir le sentiment de pousser le
corps à bout, ni d'accéder à une
performance.
Qu'entend-on par
danse orientale ? "Traduction littérale de l'arabe
raqs
al-sharqi,
il désigne cependant quelque
chose de bien précis : la danse répandue dans l'est du Bassin Méditerranéen qui
se caractérise par la rotation et les mouvements onduleux du bassin et
des hanches, du buste
et des bras et par de vigoureux hanchements".S. de Soye “
La danse orientale et ses accessoires ”, Ed. S. de Soye, 1999.
Je vous proposerai
donc trois parties dans ce mémoire :
- Une première
partie consacrée à l'aspect historique, culturel et artistique de la
danse orientale avec
toutes les ambivalences qu'elle peut susciter,
- Une deuxième
partie consacrée à l'aspect technique de cette danse et aux muscles que les
différents mouvements du bassin sollicitent,
- Une dernière
partie enfin tentera de cerner l'enracinement social de cette danse
dans les pays où
elle n'est pas originaire, par les bienfaits autres que culturels et
artistiques.
Ce sera
l'occasion d'évoquer une expérience personnelle au sein du centre de
soins palliatifs, "la
Maison" de Gardanne.
Danser sur des
rythmes orientaux, "c'est comme entreprendre un voyage vers les mille et
une nuits et approcher
sa propre féminité"
Petit manuel
de danse orientale, Ed. Marabout, 2004
Remarque :
Les livres sur la
danse orientale sont actuellement peu nombreux pour constituer un corpus
de recherche
suffisant. D’une part, la transmission se fait majoritairement oralement
; d’autre part, je ne maîtrise
malheureusement pas la langue arabe pour élargir ma recherche aux pays
du bassin
méditerranéen. De nombreuses références sont issues de sites Internet,
dont j’ai précisé autant que possible
l’adresse. Malheureusement, ces sites ne précisent pas pour la plupart l’origine de leurs
données, ce qui laisse parfois une marge dans l’interprétation des
références.
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