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Les danses grecques
antiques avaient atteint un raffinement plus poussé que celui des
sociétés précédentes. Elles
étaient plus artistiques, plus expressives et variées que celles des
Égyptiens. Elles permettaient
la représentation physique d'une idée.
A l’origine des
danses grecques, le culte phrygien et crétois voué à Rhéa (ou Cybèle),
déesse mère de nombreux
dieux, symbolise les amours de la déesse, la maladie, la mort et la résurrection. Ce
culte représente l’agonie d’Attis, son amant, et celui de la
résurrection, de la fertilité de la
terre. Il est exécuté par les Corybantes en Phrygie, et les Kourètes, en
Crète. On retrouve là encore
la notion de danse pour assurer la fertilité.
Des statuettes
retrouvées dans la cité grecque de Tanagra évoquent fortement les
mouvements du bassin effectués
en danse orientale. Elles représentent des femmes dansant durant les
fêtes dédiées à Dionysos
Commentaires et illustrations sur le site internet : http://www.belly-dance.org/tanagra.html
Même si la danse
orientale n’est pas typiquement grecque, il semble facile de poursuivre
le mouvement de la statuette ci-contre
par une ondulation.
Figure 4
Statuettes de Tanagra, IVe siècle av J.C


Trois catégories de
danse - guerrière, religieuse et de tragédie - étaient considérées par
Platon comme des danses
nobles. En plus des danses nobles, Platon considérait qu'il existait une seconde classe de
danse, les danses ignobles qui illustraient ce qui était misérable et
laid. On y retrouvait les
danses Bachiques, réalisées lors de fêtes, la Cordax, et aussi la
Sikinnis, danse de satire. La
Cordax
nous intéresse particulièrement car, caractéristique de la comédie, “
c’était une danse bouffonne et
indécente, caractérisée par des ondulations du ventre et des roulements
de hanches, pieds
souvent joints. ”
“ Dons des muses ”, édité par le Ministère de la Culture de la
république hellénique, Bruxelles, 2003 – Disponible sur :
http://enseignement.be/fpgl/muses03.pdf.
Enfin, la danse de
hétaïres est parfois décrite comme une danse intéressant la région du
bassin. Les hétaïres
étaient les courtisanes de luxe dans la Grèce antique. Elles avaient
droit de circuler librement et
divertissaient les hommes des classes riches, notamment par le chant et
la danse. Démosthène dira
d’elles “ Nous avons des hétaïres pour les plaisirs de l'esprit ”. Terpsichore est la
muse de la danse. Son nom dérive de “ terpo ”- qui charme et de “ choros
” - la danse. Il souligne le pouvoir captivant de la danse.
Elle est souvent
représentée accompagnée de la lyre et d’une guirlande de fleurs.
La Bible évoque la
danse de Salomé devant le roi Hérode (Mathieu 14-6, Marc 6-22).
Celui-ci, subjugué, lui promit tout ce
qu’elle désirait. A la demande de sa mère, elle fit décapiter St
Jean-Baptiste. La danse de Salomé, ou danse
des sept voiles, est souvent reprise pour caractériser le charme
mystérieux de l’Orient. Cette scène a
notamment été peinte par Gustave Moreau, peintre orientaliste du XIXe.
Figure 5
"L'apparition " Huile sur toile 142*103 - 1876 - Musée du Louvre

On retrouve encore
deux principaux types de danse dans la culture hébraïque ancienne. “ La danse, activité
d'amusement social, était perçue comme impie et perverse et était condamnée
par la religion
hébraïque. La danse en tant que
pratique
religieuse
était l'expression
de la joie et d'une action de
grâce pour la délivrance du peuple. Les deux sexes dansaient séparément.
Les participants
étaient choisis parmi les plus vieux citoyens possédant un passé
irréprochable. C'était une marque
d'honneur et de dignité que d'être choisi pour la danse chez les
Hébreux. ”
Disponible sur http://vitrifolk.apinc.org/generalites-egypte.html
Le poème latin de
Virgile, "la Copa" évoque une fille d'auberge incitant les passants
profiter du moment présent.
"Une fille
d'auberge (copa), qui danse aux crotales et qui chante, invite par un
jour chaud d'été le passant
à venir boire sous les berceaux de verdure d'un cabaret champêtre, au
bord d'un ruisseau qui murmure:
elle énumère les plaisirs du lieu, et termine par une conclusion
épicurienne, après avoir évoqué la Mort
qui nous engage à jouir de la vie."
(S.
de Soye “ La danse orientale et ses accessoires ”, id.)
“ Syrisque (1), la
fille d'auberge, la tête ceinte d'une petite mitre grecque (2), qui sait
remuer au son du crotale (3) ses
souples hanches, danse, enivrée, des pas lascifs dans la taverne
fumeuse, en secouant à son coude (4) de rauques
baguettes (5). ”
Figure 6
"La
danseuse aux crotales" - entre 325 et 280 avant J.C - Musée du Louvre.

La danse orientale
actuelle aurait été introduite en Egypte par les turcs. L’Egypte a été
conquise vers 1520 et a fait partie
de l’Empire Ottoman pendant plus de 400 ans. Il s’est certainement
produit au cours de cette période un brassage
culturel.

Figure 7
Carte de
l’Empire Ottoman
Carte issue du site internet :
http://www.tlfq.ulaval.ca/axl/europe/images/ottoman-map2.GIF
Il est cependant
curieux de constater que l’influence culturelle n’a pas été la même dans
tous les pays conquis.
L’occupation de la Grèce a duré plus longtemps mais ce type de danse ne
fait actuellement pas
partie du folklore, même si nous avons constaté des similitudes avec la
danse orientale durant
l'antiquité.
Cependant, aux
côtés de la musique
rébeîtiko
traditionnelle
grecque se développe une musique de plus en plus
métissée avec les rythmes orientaux. A tel point qu’il n’est pas rare
d’entendre des chansons
modernes où la langue grecque est mêlée à la langue arabe.
L’évolution entre
la danse rituelle et le divertissement a pu se produire lorsque les
sociétés ont évolué vers le
patriarcat : la danse perdait petit à petit son sens originel. De plus, avec
l’expansion du Christianisme puis de l’Islam, les religieux tentèrent de
faire disparaître la
danse à cause de son ambivalence. “ Elle a pu se maintenir, transformée
en danse de
divertissement dans les régions où l’emprise de la religion était moins
forte, dans les pays où les femmes
se retrouvaient souvent entre elles et chez les peuples nomades vivant
en marge de la
société. ”
(S.
de Soye “ La danse orientale et ses accessoires ”, id.)
Le terme égyptien
Ghawazi désignait autrefois les tziganes mais c’est aussi le terme
utilisé pour parler des
danseuses qui se produisaient sur les places populaires.
Figure 8
Gravure
de Jean-Baptiste Vanmour
(1671 -
1737)

Les tziganes sont
originaires de l’Hindoustan (actuel Nord de l’Inde). Ils gagnent au
début du deuxième millénaire la Perse
puis l’Anatolie. Les groupes de musiciens et de danseurs sont
régulièrement invités à se produire dans
les harems et pour le divertissement des sultans ottomans. Par la suite,
les tsiganes gagnent l’Europe dès le XVe
siècle, via la Roumanie (1385). Là encore, ils divertissent les plus
grandes cours européennes.
L'Europe redécouvre
aussi l'Orient durant Moyen-Age avec les croisades. Les représentations des populations
orientales sont associées à l'Islam, elles sont destinées à inciter les
chevaliers à partir en croisade.
C'est ainsi qu'à la Renaissance, le Turc était l'ennemi commun des populations
européenne chrétiennes. On ne manquait alors pas une occasion
d'exorciser le mal qu'il représente.
L'expression
"prendre quelqu'un comme tête de turc" vient de cette époque, d'un
divertissement de foire où l'on
abattait avec des balles des pancartes représentant des portraits de
turcs.
Les spectacles des
XVIIe et XVIIIe siècles mettent en scène des évènements de la vie dans
ces contrées
lointaines, sans grand soucis d'authenticité. On se souvient de
l'intervention turque dans la comédie de
Molière, "le bourgeois gentilhomme". Pour mémoire, cette pièce avait étécommandée par Louis
XIV à Molière et au Chevalier d’Arvieux (qui parle turc et connaît les moeurs du pays)
pour tourner en ridicule les coutumes de l’ennemi. Le roi avait en effet
été vexé que l’accueil
fastueux de la cour française ait laissé de marbre l’ambassadeur
ottoman, Soliman Aga, en novembre
1669.
De nombreux autres
spectacles ont un harem pour cadre (Les jalousies du Sérail (1758), La nouvelle épouse
persane (1776) de Noverre - cités par S. De Soye).
Ceci incite à
croire que l'Orient et ses coutumes exotiques sont plus l’objet des
fantasmes européens que d'une
réelle curiosité pour l’étranger. L’occident semble bridé par une
certaine conception de
l’esprit civilisé. L'image dévolue à la danse de divertissement dans les
esprits puritains, est
d’ailleurs résumée dans ce texte datant du XIIIe :" Combien peu y en
a-t-il qui en dansant ou en
voyant danser les autres ne se portent à quelques pensées déshonnêtes,
ne jettent quelques
regards impudiques, ne fassent quelques postures indécentes, quelques paroles libres,
enfin, ne fassent quelques désirs de la chair, comme par le saint
Apôtre?
"Déformant les
corps, la danse distord les âmes et incite au péché".
Cité par J.Vellet “ Les représentations sociales de la danse ” in “
Danse, le corps enjeu ” sous la dir de M.Arguel,Ed.PUF - pratiques
corporelles, 1992
Danses rythmées et
bonnes moeurs ne semblent pas compatibles pour les autorités religieuses occidentales.
C’est avec un
esprit nourri de cette idéologie que les européens découvrent la culture
égyptienne à la fin du XVIIIe.
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